Histoire


Le département du Cantal est notamment réputé pour ses burons, structures en pierres qui étaient destinées à la production fromagère.

Ayant tous perdu leur fonction première, ces centaines de bâtiments offrent encore aux paysages des plateaux d’estive un aspect bien particulier. Ils marquent le point d’aboutissement de diverses transformations architecturales, liées aux changements des modes d’occupation de la montagne par l’homme depuis mille ans. Entrez dans cette fabuleuse histoire.

Sur les montagnes Cantaliennes
Sur les montagnes Cantaliennes

Dès la fin du Moyen-Age, l’élevage dans le Cantal n’était plus seulement une activité complémentaire de l’agriculture, il est devenu une spécialité dans la zone de "montagnes". Dès le XIIIème siècle, ces pâturages saisonniers représentaient des biens recherchés. A partir du XIVème siècle, le pastoralisme commença à se généraliser.

Le traces de centaines de cabanes de bergers dans toutes les montagnes du Cantal en sont encore les témoins. Les tras, fogal, mazuc ou cabanes sont les plus anciennes structures d’estive.L’expression buron sera employé pour la première fois au XVIIème siècle. Aux siècles suivants, sera mis en place un vrai système d’estive.

Dès le XVIème siècle, des investissements importants furent engagés sur les structures d’estive avec des bâtiments vastes et maçonnés.Le XIXème siècle fut la grande époque de construction des burons que nous voyons toujours sur les montagnes cantaliennes.

CEZALLIER

L’exploitation ancestrale des montagnes

L’exploitation ancestrale des montagnes
L’estive sur le Cézallier ne remplit plus les mêmes fonctions qu’autrefois. L’exploitation des pâturages d’été représente toutefois un curieux mélange ou se mêlent traditions et éléments nouveaux. Héritiers des grandes vacheries, les troupeaux allaitants se sont substitués aux vaches laitières et sont devenues le pilier essentiel de l’exploitation des pâturages

A TRAVERS LES SIECLES

Les montagnes d’estive en perpétuelle évolution

Les montagnes d’estive en perpétuelle évolution
Au fil du temps, les modes de propriétés et d’exploitation de la montagne cantalienne ont évolué considérablement. Les archives montrent que l’emprise de l’homme sur la montagne est très ancienne. Un dossier publié par le quotidien La Montagne en 1984, a tenté de montrer par quels cheminements cette évolution s’est faite depuis la période médiévale.

CEZALLIER

En route pour la montade en 1912.

En route pour la montade en 1912.
La montade pour l’Estive est depuis très longtemps une tradition et une pratique quasi incontournable pour conduire les bêtes sur les hauts-paturages du Cézallier. Témoignage du départ de l’estivade à Allanche en 1912.

EPOQUE MODERNE

Les activités saisonnières sur le Massif cantalien

Les activités saisonnières sur le Massif cantalien
Le climat extrêmement rude du Massif Cantalien rend quasiment impossible toute forme d’habitat permanent, au dessus de 1200 m d’altitude. Les sommets cantaliens ont depuis des siècles des prédispositions à l’élevage, en particulier leur production herbagère importante. La dernière phase d’activité des montagnes était axée sur la fabrication de fromages à base de lait de vache. Quelques textes concernant

PLATEAU DE SALERS (1)

Du mouton à la vache

Du mouton à la vache
Longtemps domaine des moutons, les montagnes finiront a accueillir les vaches tant les estives seront progressivement reconnues comme pacages exceptionnels pour les bovins.

FOI ET TRADITION

La fête des bergers de la Font Sainte

La fête des bergers de la Font Sainte
La fête des bergers a été créée en 1887 par l’Abbé Chevier, curé de Saint Hippolyte. Le dernier jeudi d’août la montagne de la Font Sainte se couvrait de jeunes pâtres venus en pèlerinage au nouveau sanctuaire de la Vierge . Les curés des différentes paroisses avaient visité auparavant les burons afin de convaincre les jeunes pâtres de participer à la fête des bergers. Ce rendez-vous est devenu une

PLATEAU DE SALERS (2)

Fabrication du fromage attestée dès le XVIème siècle

Fabrication du fromage attestée dès le XVIème siècle
Différents rapports attestent d’une importante fabrication de fromage sur le plateau de Salers, mais il a mauvais goût et sa fabrication manque de propreté. Il faudra une nette amélioration pour vendre à Paris.

PLATEAU DE SALERS (3)

La production au 18ème siècle se développe

La production au 18ème siècle se développe
Il se fabriquait en Haute-Auvergne une très grande quantité de fromage annuellement et ses débouchés étaient très limités hors de la province. Il était impératif d’améliorer cette production en vue de conquérir de nouveaux marchés.

PLATEAU DE SALERS (4)

L’indivision des montagnes à partir de 1875

L’indivision des montagnes à partir de 1875
Concernant les montagnes du plateau de Salers, une question vient immanquablement à l’esprit . Pourquoi ne les partageait-on pas plus souvent pour éviter toutes les contraintes alors que rien ne s’opposait aux partages, la règle étant que nul n’était obligé de rester dans l’indivision malgré soi. Quelques réponses des historiens Chabrol et d’Alfred Durant pour

PLATEAU DE SALERS (5)

Les trois grandes sections au début du 19ème siècle

La Commune d’Anglards a été l’une des premières communes à avoir été cadastrée, en 1808, sous l’autorité du préfet Riou et sous la direction de M. Delormel Directeur des Contributions, de M. Rigaux, Ingénieur Vérificateur et de M. Sauvage, maire d’Anglards-de-Salers.

PLATEAU DE SALERS (6)

Les burons de la commune d’Anglards sur la carte de Cassini (1783)

La carte de Cassini éditée vers 1783 révèle que les burons de la Commune d’Anglard étaient très groupés, ceci étant du à l’indivision des montagnes. A cette époque l’appellation "montagne" n’existait pas, elles étaient appelées "vacheries".

PLATEAU DE SALERS (7)

Le tournant des années 1950

Le tournant des années 1950
La crise historique sur le travail ancestral sur les montagnes d’Anglards s’est manifesté clairement au lendemain de la seconde guerre mondiale, au moment même ou le système de la grande montagne à lait paraît être à son apogée. Les montagnes d’Anglards, en l’espace de quelques années, vont connaître une profonde mutation avec l’abandon pratiquement complet de la traite à l’estive, élément moteur de

LE TOURNANT DES ANNEES CINQUANTE

La remise en cause d’un modèle pastoral

La remise en cause d’un modèle pastoral
Dans son étude sur les montagnes du Massif Central (1) Eric Bordessoule aborde le nouveau contexte de l’activité pastorale frappée de plein fouet par la crise de ses productions fromagères dans les années cinquante, la disparition du profit et les problèmes de recrutement d’une main d’œuvre qualifiée et de sa rémunération. Le grand tournant est en

VIE QUOTIDIENNE DES BURONNIERS

Dormir au buron

Dormir au buron
Dès l’origine, le buron a été pensé comme un outil de travail sans se préoccuper de la vie domestique des buronniers. On dormait sur des paillasses.Dans la plupart des burons, une simple paillasse dans un coin de la fromagerie accueillait pour la nuit le buronnier au milieu de l’humidité et des odeurs de petit lait et de
Chronologies
Chronologies

Voir les dates importantes des constructions de burons dans le Cantal

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L’exploitation des estives (13ème-1850)

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L’exploitation des estives (1850-2010)

Architecture et patrimoine
Architecture et patrimoine

Au cours des siècles d’occupation saisonnière ou permanente des milliers de structures ont été bâties et ont laissé des traces sur les montagnes d’estive du Cantal. Malgré la généralisation d’un type de structure fromagère sur ces montagnes, les burons offrent de nombreuses singularités, comme l’ont très bien décrit les chercheurs sur le pastoralisme.

Tous les burons possèdent des caractéristiques architecturales modestes et uniquement en lien avec la confection des fourmes et l’exigence du métier de buronnier.

Les burons qui parsèment aujourd’hui les estives marquent le point d’aboutissement des diverses transformations architecturales liées aux changements des modes d’occupation de la moyenne montagne cantalienne par l’homme. Désormais, ils entrent dans une patrimonialisation emblématique des estives du Cantal.

VOYAGE EN AUVERGNE

Observations sur les burons par Pierre Jean-Baptiste Legrand d’Aussy

Observations sur les burons par Pierre Jean-Baptiste Legrand d’Aussy
Pierre Jean-Baptiste Legrand d’Aussy (1737-1800) exerça les fonctions de bibliothécaire à la Bibliothèque nationale. Il fit un séjour en Auvergne en 1787 et 1788 chez son frère le Prieur de Saint-André, près de Clermont-Ferrand. Il écrivit une série de lettres à un ami rédacteur du Journal Général de France ou il donne de précieuses informations sur la vie en Auvergne au 18ème siècle, juste avant la

VISION IMAGEE

Quand la grande encyclopédie de Diderot et d’Alembert décrit les burons

Quand la grande encyclopédie de Diderot et d’Alembert décrit les burons
Un document très imagé issu de la Grande Encyclopédie, offre une vision des structures pastorales au XVIIIe siècle. Cette époque voit un intérêt nouveau pour les méthodes de travail et les savoir-faire du monde rural. Cette gravure représente l’intérieur du lieu de travail des fromagers d’Auvergne. Violaine Nicolas s’interroge sur les intentions des

QUE DISENT LES ARCHIVES

L’évolution des formes architecturales

L’évolution des formes architecturales
Les textes d’archives prouvent qu’entre le début et la fin de l’époque moderne l’architecture des burons du Cantal a connu des formes et des appellations variées. Les structures pastorales avaient un rôle important dans le système d’estive, puisque c’est là qu’étaient fabriqués et entreposés les fromages, pendant toute la durée de l’affinage. Les hommes devaient également pouvoir s’y abriter et se protéger

ANCIENS HABITATS TEMPORAIRES

Les trous de cabanes

Les ancêtres des burons

Les trous de cabanes
Autour des burons en pierre actuels où sur les crêtes des montagnes, on remarque encore des creux énigmatiques. Ce sont d’anciens habitats temporaires, ancêtres de burons construits par la suite en pierre. Ces cavités et ces bourrelets sont particulièrement bien visibles dans les herbages du Cézallier notamment sous les éclairages rasants qui soulignent les microreliefs, ainsi qu’au printemps lorsque

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Les maisons de bergers

Les maisons de bergers
Les burons ne sont pas les seuls bâtiments sur les Estives. Implantées à flanc de montagne, des constructions de petite taille, et dont l’usage n’était pas la fabrication de la fourme Cantal, se repèrent ici et là. Il s’agit d’abris sommaires en dur, construits dans le premier tiers du 20ème siècle pour les bergers en charge de la surveillance du bétail durant

CEZALLIER

Types de burons répertoriés

Types de burons répertoriés
Lors d’un inventaire architectural de près de 200 burons du Cézallier en 1989 par Philippe Magentiès et Vincent Trinh, il ressort certains traits communs permettant une classification : un module de base fromagerie-cave, une superposition au module de base formant un volume en hauteur et un troisième type quand le védélat est attenant au module de base dans un même corps de

ANNEXES DU BURON

Les granges d’altitude

Les granges d’altitude

ANNEXES DU BURON

Les loges à porc

Les loges à porc
Les bovins n’étaient pas les seuls animaux conduits à la montagne pour l’estive. Les porcs avaient aussi une place importante dans l’économir pastorale et dans la structuration des bâtiments de l’estive. C’est pourquoi la plupart des burons possédaient des loges à cochons souvent accolés à un enclos fixe. Selon les types de construction, les porcheries étaient situées dans le prolongement du buron, à côte

ESPACE DE VIE ET DE TRAVAIL

La fromagerie, le coeur du buron

La fromagerie, le coeur du buron
La fromagerie était le principal espace de vie et de travail au personnel du buron. Elle avait une double particularité, celle d’être le lieu de fabrication du fromage et aussi de salle commune pour les repas et souvent de chambre pour les buronniers.

BURONS CONTRE LE TEMPS

Un combat inégal

Un combat inégal
Robustes, les burons sont pourtant sujets à de nombreux dommages dus aux rudes conditions climatiques dans le Cantal, mais surtout depuis la dernière moitié du XXème siècle à leur délaissement de la part de leurs propriétaires.

TOITURE DES BURONS DU CANTAL

La lauze, pour une couverture incorruptible

La lauze, pour une couverture incorruptible
Couvrir un bâtiment d’habitation ou utilitaire résultait des conditions climatiques et des ressources en matériaux. En Auvergne, la pierre de lave ne manquait pas. On l’utilisera donc abondamment notamment pour les burons. C’est pourquoi, encore aujourd’hui, les toits recouverts en lauzes font partie intégrante du patrimoine architectural et des paysages d’estive du

TOITURE DES BURONS DU CANTAL

Le chaume, première couverture des burons

Le chaume, première couverture des burons
Le chaume fut la couverture la plus courante depuis les gaulois jusqu’au 19ème siècle dans les vallées comme sur les bâtiments d’estive. Les paysans vivaient en autarcie, la paille, le roseau ou genêt se trouvaient sur place dans les vallées et chacun pouvait couvrir et entretenir sa maison et les bâtiments annexes, notamment les burons

TOITURE DES BURONS DU CANTAL

Au 19ème siècle, l’ardoise s’impose sur les estives

Au 19ème siècle, l’ardoise s’impose sur les estives
Pays traditionnel de la lauze après avoir connu le chaume, le Cantal va adopter l’ardoise progressivement au 19ème siècle. Cette transformation radicale des couvertures est due à la fois à l’arrivée massive de couvreurs de la Corrèze voisine fuyant la crise économique et le développement du chemin de fer. Ainsi, la quasi totalité des burons de la fin du 19ème et du 20ème siècle sont couverts en

TOITURE DES BURONS DU CANTAL

Les charpentes, un héritage de savoir-faire

Les charpentes, un héritage de savoir-faire
Inexistantes dans les premiers burons voûtés, les charpentes ont fait leur apparition avec les védélats afin de pouvoir aménager un volume habitable important à l’étage. Les burons construits dans la dernière moitié du 19ème siècle et après seront couverts en ardoises permettant la création de charpentes plus légère mais très résistantes pour suporter la neige en

ESPACE DE VIE ET DE TRAVAIL

Des bâtiments et des contraintes

Des bâtiments et des contraintes
Liée à la fabrication et à la conservation du fromage, la construction d’un buron était soumise à des contraintes difficiles à concilier entre elles : l’humidité, la fraîcheur et l’obscurité.

ESPACE DE VIE ET DE TRAVAIL

Constructions et matériaux adaptés à l’estive

Constructions et matériaux adaptés à l’estive
Pour construire des bâtiments fonctionnels adaptés à l’altitude, la rudesse du climat, les burons en pierre depuis le 18ème siècle répondent à un certain nombre de critères : voûte en berceau, murs épais, charpente résistante, couverture en lauze, cheminée intégrée, ouvertures discrètes. Un savoir-faire qui a permis à un grand nombre de burons d’être toujours

ESPACE DE VIE ET DE TRAVAIL

La cave, l’enjeu de la bonne conservation du fromage

La cave, l’enjeu de la bonne conservation du fromage
Destinée à la conservation du fromage produit sur place, la cave nécessitait une température fraîche et constante (12 degrés environ). Pour obtenir cette température, notamment durant l’estive, on employait la voûte procurant par sa masse une forte inertie thermique, d’autant plus si cette partie du buron était totalement ou partiellement enterrée. La cave un lieu essentiel pour rassembler les fourmes

ESPACE DE VIE ET DE TRAVAIL

Le védélat, l’étable des veaux

Le védélat, l’étable des veaux
Le védélat est le bâtiment abritant la petite étable des veaux et les bêtes malades. Construction apparu tardivement sur les montagnes d’estive sous l’influence de l’amélioration de l’élevage, on ne le retrouve pas dans les burons les plus anciens, à moins qu’il n’ait été rajouté par la suite. Avant son apparition, les bêtes se protégeaient des intempéries dans les creux de cabanes et derrières les
L’estive

ETUDE DE PRATIQUES

Le buron, une sociabilité archaïque

Le buron, une sociabilité archaïque
Dans la revue Langage et société (1979) Guy Pouget aborde la question de l’organisation humaine et les rapports entre les hommes travaillant dans les burons du Massif Central. Pour lui, une société pastorale archaïque qui inévitablement va disparaître.

LE PARC SUR LES ESTIVES

L’étable d’été

L’étable d’été
Le parc était en fait l’étable de plein air afin de rassembler les bêtes durant la nuit et pendant les deux traites quotidiennes. Il remplaçait l’étable d’hiver. Quadrilataire, ce parc était composé de claies mobiles qui étaient quotidiennement déplacés sur trois côtés afin de « fumer » (d’où le nom de fumade) une partie de la « Montagne

DU PARC AU BURON

Le transport du lait

Le transport du lait
On recueillait le produit de la traite faite au parc le matin et le soir dans un grand récipient de bois : la gerle, qu’il fallait transporter jusqu’au buron. Ce n’était pas une mince affaire !

PRATIQUE DE CONSERVATION

Le salage du fromage

Le salage du fromage
Dans la fabrication du fromage, le salage a toujours été une opération importante (1). Or le sel fut longtemps le seul moyen de conserver les aliments. Fortement taxé le prix d’achat du sel posa pendant des siècles un grave problème, surtout aux producteurs de la fourme de Cantal qui en utilisaient de grosses quantités et qui, par ailleurs, étaient dans l’obligation d’en acheter encore pour

TOUT UN FROMAGE

La fabrication des fourmes

La fabrication des fourmes
Au cours des siècles, la fabrication de la fourme avec le lait des estives a subit des modifications techniques. Elle s’est améliorée grâce à l’utilisation de nouveaux matériels apparu vers 1890. Le presse tome et le brise caillé notamment ont remplacé le travail des genoux et des mains des buronniers. Description du processus de fabrication du fromage au

ENCYCLOPEDIE METHODIQUE (1783)

La fabrication du Cantal au XVIIIème siècle

La fabrication du Cantal au XVIIIème siècle
L’encyclopédie méthodique est une œuvre monumentale divisée en matières. Elle fut lancée en souscription en 1782. Le volume « Commerce » comporte une petite fiche sur le fromage de Haute-Auvergne. La reproduisons ici intégralement.

LA TRAITE AU PARC

Une organisation bien rodée

Une organisation bien rodée
C’est principalement la traite des vaches qui rythmait la journée de travail au buron. Elle avait lieu deux fois par jour, le matin à partir de 5 heures et le soir dès quinze heures. Pour une soixantaine de laitières, la traite durait à peu près deux heures et demie. De ce recueil quotidien du lait, l’or des buronniers, dépendait toute l’activité fromagère du buron. La traite exigeait donc une

RITUELS DE LA TRAITE AU PARC

Témoignages de pratiques ancestrales

Témoignages de pratiques ancestrales

L’EVENEMENT DE MAI

La montée des vaches dans la vallée de Cheylade

La montée des vaches dans la vallée de Cheylade
Reconnu comme un témoignage exemplaire de la vie dans nos montagnes au début du 20ème siècle, Pierre Besson alors jeune pâtre raconte la montée des vaches vers les estives dans la vallée de Cheylade au pied de la face nord du Puy Mary au mois de mai. Un extrait de son livre « Un pâtre du Cantal ».

LA MONTEE A L’ESTIVE

La montade, un voyage à pattes et une fête

La montade, un voyage à pattes et une fête
La montée à l’estive, la montade, était une fête aussi bien pour les hommes que pour les animaux. Chacun s’y préparait à l’avance. Le jour de la saint Urbain, le 25 mai, c’était le départ. Le rendez-vous était fixé sur la place du village ou du hameau. Hommes et bêtes se rassemblaient pour une vraie aventure de plusieurs dizaines de kilomètres vers les montagnes couvertes d’une herbe bien

AURILLAC-LANDEYRAT

Transport des troupeaux en train vers les estives

Transport des troupeaux en train vers les estives
Le train dans le Cantal a tenu un rôle majeur pour le transport des animaux vers les pâturages d’estive notamment sur le Cézallier. Il représentait aussi une animation permanente là où il passait, dans les lieux reculés comme dans les villages. Un jeune berger exprime son intérêt pour le train et la vie au

L’APPEL DES VALLEES

La dévalade

La dévalade
Gustave Burnol dans « les burons perdus » a décrit il y a plus de 60 ans la vie dans les burons sur le versant ouest des Monts du Cantal. Son récit se termine par la fin de l’estivade, quand les hommes comptent les jours au buron et les troupeaux sentent l’appel des vallée. Extraits.

SONNAILLES

A chaque vache la bonne cloche

A chaque vache la bonne cloche
Le carillon des montagnes, c’est le son du troupeau en marche lorsque toutes les cloches sont accrochées au coup des vaches et des veaux. Et il ne faut pas se tromper, quand on a mis une cloche à une vache c’est pour toute l’estive. Choisir une cloche pour chaque vache est un vrai savoir-faire encore mis en pratique aujourd’hui pour l’estive dans le Cantal ; André Ricros donne ici le témoignage d’un

DU MATIN AU SOIR

La journée type des buronniers sur les estives

La journée type des buronniers sur les estives

LA VACHE SALERS

La grande actrice des estives du Cantal

La grande actrice des estives du Cantal
Actrice majeure de la transhumance, la Salers assure depuis des décennies la valorisation des pâturages du Cantal. Elle est reconnaissable à ses cornes très caractéristiques en forme de lyre et à sa couleur acajou.Le caractère rustique de la Salers s’est forgé au fil du temps

CEZALLIER

Organisation quotidienne au buron de La Croix blanche en 1985

Organisation quotidienne au buron de La Croix blanche en 1985
Jean Claude Roc a réalisé une enquête ethnographique en 1985 dans un buron près d’Allanche situé en bordure de la D9, entre le hameau de La Gazelle et la ville d’Allanche. Elle a donné lieu à une publication qui fait désormais référence (1). Cette montagne entre 1130 et 1200m d’altitude, avait une superficie de 47 hectares en 1985. Brève présentation du

ALLANCHE

Le monument de l’estive (1996)

Le monument de l’estive (1996)
Installé depuis le 1996 sur la place du Cézallier d’Allanche, une sculpture de pierre, œuvre du sculpteur auvergnat Jean Chaussard, évoque la force tranquille de la vache rouge et son instinct maternel. Elle veille sur l’ancien foirail autrefois si prospère, bruissant durant de nombreuses années lors des grands rendez-vous du marché bovin de la ville

LE QUINCAILLER D’ALLANCHE

Le réparateur des écrémeuses

Le réparateur des écrémeuses
Imaginez le désarroi des buronniers, là-haut sur leurs montagnes du Cézallier, quand l’écrémeuse, la machine indispensable pour briser la tome à fromage, ne fonctionnait plus. Il ne restait plus qu’une seule solution : appeler rapidement Henri Kaiser le quincaillier d’Allanche, spécialiste des articles de laiterie.

ENVIRONNEMENT DU BURON

L’indispensable point d’eau

L’indispensable point d’eau
Pour l’abreuvement des troupeaux, la vie quotidienne des buronniers et le nettoyage du matériel de fabrication du fromage, l’accès permanent à l’eau était indispensable. C’est pourquoi les burons étaient toujours implantés le plus près possible des sources ou des ruisseaux.

BORDURES DES MONTAGNES

Le bornage des pacages

Le bornage des pacages
Les limites des montagnes ont souvent été la cause de bien des litiges, car mal définies. Parfois, des murets en pierres sèches montés par les bergers, matérialisaient des limited plus nettes. Selon une pratique ancestrale, les parcelles dépendant de chaque buron étaient signalées par de grosses pierres « les caïres », posées de loin en loin. Il en reste de beaux spécimen, notamment sur le
Témoignages de buronniers
Témoignages de buronniers

Derrières les images d’Epinal rattachées à la vie en montagne où les visions romantiques l’emportent souvent sur la réalité, des hommes travaillaient sur les sommets du Massif Central dans des conditions suffisamment rudes pour rompre l’esprit le plus structuré et déjouer la morale la plus rigoureuse.

Derrière la fabuleuse technicité faite de savoir-faire ancestraux qui permettait de fabriquer du fromage circulaient en ces mêmes hommes des mondes intérieurs difficiles à percevoir car le plus souvent cachés, ou confondus avec la fonctionnalité des tâches pour lesquelles ils se retrouvaient en montagne.

Ces êtres suspendus à plus de 1000 mètres, et ce pour des périodes allant de mai à octobre, vivaient dans des milieux d’hommes isolés et plongés dans des conditions matérielles et morales où les règles de la société durent quelquefois s’adapter à l’altitude.Mais lorsqu’on interroge les buronniers sur leur vie là-haut, c’est toujours avec une certaine nostalgie qu’ils expriment ce que fut leur métier et leur vie quotidienne. (André Ricros)

CARLADEZ

La nostalgie joyeuse de René l’ancien vacher

La nostalgie joyeuse de René l’ancien vacher
Durant 18 ans la vie de René a été rythmée par l’estive sur les montagnes proches de Pailherols, dès 14 ans après avoir arrêté l’école. A 80 ans aucun détail ne manque aux souvenirs de l’ancien buronnier. Cette période a marqué sa vie pour toujours.

CEZALLIER

L’Estive au buron de la « Montagne » de Ciment (Vèze)

L’Estive au buron de la « Montagne » de Ciment (Vèze)
L’Estive, André Jarry l’a connue deux années de suite comme valet au Buron de Ciment près du bois de Chamalière sur la commune de Vèze (Nord Cantal), dès ses 18 ans en 1950 avant son service militaire. Il se rappelle encore avec une certaine nostalgie cette vie de valet, qui était au buron ce que le mousse est au

CEZALLIER

Tranche de vie au buron de Courbière (Pradiers)

Tranche de vie au buron de Courbière (Pradiers)
Jean Louis fut l’un de ces hommes, buronnier l’été à l’Estive dans un buron du Mont Cézallier (Signal du Luguet). Et ce n’était pas une partie de plaisir, même si la vie là haut sur la « Montagne » avait des allures d’indépendance, mais au prix fort, celui de journées interminables marquées par la double traite quotidienne, la fabrication du fromage et des conditions de vie très difficiles. Pourtant,

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Marcel, vacher sur l’estive des Fortuniers

Marcel, vacher sur l’estive des Fortuniers
Cinq heures, le jour se lève en ce jour d’été. L’horizon s’éclaircit sur les croupes du suc de Fondevialle et de la Brèche de Giniol. Quelques brumes emplissent encore le vallon du ruisseau de la Meule entre le bourg de Vèze et le hameau du Lac. Marcel doit partir sur la montagne des Fortuniers pour la traite.

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La saison d’estive sur la montagne de Vèze

La saison d’estive sur la montagne de Vèze
Le dernier batier à vivre l’Estive au buron de la Montagne de Vèze fut Marius Chazelon. De 1946 à 1971, avec sa femme, ils quittaient chaque année le hameau de Béteil pour exercer un métier qui n’était pas de tout repos. Un métier avec beaucoup de responsabilités et une réelle liberté d’initiative. A la fin de la saison le salaire forfaitaire était versé par la mairie de Vèze, propriétaire de la
Mots et objets des estives et des burons
Mots et objets des estives et des burons

Pour beaucoup d’entre nous les activités et les réalités pastorales du Cantal n’évoquent plus rien. Difficile de mettre des mots sur des pratiques, des objets découverts, des techniques évoquées, des usages d’un autre temps… Pourtant c’est ce qui a donné une identité aux montagnes du Cantal. C’est compréhensible car il n’existe plus beaucoup de lien entre le public d’aujourd’hui et ce monde d’avant en dehors d’un certain nombre de Cantaliens toujours acteurs de l’agriculture du XXIème siècle.

Voici donc regroupées sur cette espace quatre catégories de mots pour une clé de lecture afin de mieux comprendre cette société humaine utilisatrice durant des siècles des montagnes d’Auvergne, l’histoire d’un territoire et la description de la vie matérielle aux burons : (1) animaux sur les estives, (2) vie et travail, (3) hommes et burons, (fabrication du fromage).

DEFINITIONS

Vie et travail sur les estives autrefois

Vie et travail sur les estives autrefois
Claies, redas, fumade, corne à sel, trous de cabanes,montagne, corde à veau, dévallade, vacherie, croît, estivade, aigade, védelat,

DEFINITIONS

Les hommes des burons

Les hommes des burons
Vacher, berger, boutiller, pâtre

DEFINITIONS

Les animaux sur les estives du cantal

Les animaux sur les estives du cantal
Bourret, doublon, doublonne, taureau, cochon,

DEFINITIONS

La fabrication du fromage Cantal au buron

La fabrication du fromage Cantal au buron
Tome, présure,

MOTS ET EMOTIONS

Les poètes et le pastoralisme

Quand les écrivains, les poètes et les musiciens auvergnats racontent l’Auvergne et le Cantal, la vie pastorale n’est jamais absente de leurs oeuvres, notamment sur l’estive et les burons. A voir ici au fur et à mesure de nos découvertes.

LEXICOGRAPHIE/LEXICOLOGIE

Avatars de la définition de la fourme au début du XXème siècle

Avatars de la définition de la fourme au début du XXème siècle
Dans un commentaire paru dans la Revue de la Haute-Auvergne en 1965 (1) Léon Levadoux s’offusque de l’accumulation d’erreurs en si peu de mots concernant la fourme du Cantal dans le fameux dictionnaire Larousse pendant plusieurs années. Explication lexicologique.