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Le monument de l’estive (1996)
Le monument de l’estive (1996)
ALLANCHE

Installé depuis le 1996 sur la place du Cézallier d’Allanche, une sculpture de pierre, œuvre du sculpteur auvergnat Jean Chaussard, évoque la force tranquille de la vache rouge et son instinct maternel. Elle veille sur l’ancien foirail autrefois si prospère, bruissant durant de nombreuses années lors des grands rendez-vous du marché bovin de la ville d’Allanche.

C’est le Comité de la célèbre fête de l’estive d’Allanche qui a proposé la réalisation d’un monument afin d’honorer les éleveurs, les estives et la vache Salers. L’hommage se voulait large et sincère consacrant une trilogie : un pays : le Cantal, des hommes :les paysans, une race : la Salers. Hommage appuyé aux paysans du Cantal qui maintiennent avec passion la tradition de l’élevage. A l’animal aussi, cette vache rouge, emblématique du Cantal, reconnue pour la qualité de son lait et de sa viande. Au Cantal enfin, et plus spécialement le Cézallier dont l’harmonie des paysages, l’humanité et la sérénité des habitants et la saveur du fromage lui confèrent un charme particulier bien mérité.

Pour arriver à l’œuvre définitivement en place à Allanche, tout a commencé lorsque le Président de l’Association « L’Estivade en Cézallier », organisatrice dès 1992 de la première fête de l’Estive, soumet à l’Assemblée Générale de l’association l’idée de réaliser une vache grandeur réelle pour assurer la promotion de cette fête. Monsieur Portefaix, artisan à Ruynes-en-Margeride sculpte une vache en fer. L’œuvre sera exposée à la fête de l’Estive de 1994 sur la place du Cézallier. Elle ne fait pas l’unanimité. On suggère alors d’employer la pierre.

Après consultation de différents sculpteurs auvergnats, Jean Chauchard est choisi. L’artiste n’est pas ignorant du pastoralisme de montagne, lui qui est né en pays d’Aubrac où la transhumance se perd là aussi dans la nuit des temps. Après consultation de ses amis aveyronnais avant d’accepter la commande, et une collaboration enrichissante avec le monde agricole, la maquette qui représente une vache avec son veau et le vacher fut acceptée.

Deux ans de conception du projet furent nécessaires. Un large montage financier dont une souscription permettra de financer la moitie du budget, le reste viendra de contributions diverses et de subventions des collectivités.

Le choix de la pierre fut aussi capital, un bloc de lave basaltique de 6m3 et d’un poids de vingt tonnes sera extrait de la carrière de pierre volcanique de Bouzentès près de Saint-Flour. Après 10 mois de travail de taille dans son atelier de Moissat dans le Puy-de-Dôme, de multiples retouches et finitions, Jean Chaussard a créé une œuvre de 1,80 de hauteur créant un témoin permanent d’une pratique aussi ancestrale que moderne pour faire vivre l’art de l’estive.

Depuis son installation le 7 novembre 1996, le monument invite les passants à s’intéresser à une forme d’estive beaucoup plus ancienne que celle pratiquée désormais dans le Cézallier et tout le Cantal. Un bel hommage en attendant celui qui sera fait à Pierrefort au buronnier, l’autre acteur des estives.

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Sources : Plaquette éditée par l’Association l’Estivade en Cézallier